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dimanche 26 mai 2019

Détective Pikachu Don't Die

J'aime à penser que je suis une personne créative, car je fais(ais) des dessins vite fait au crayon à papier, je lis beaucoup, regarde plein de films, tiens un blog, et une partie de ma scolarité a été artistique. Puis, une fois de plus, la biffle de la réalité s'est lourdement écrasée sur la joue de mon innocence.

Tout ça à cause d'une photo de basket.

Même pas une basket cool, non, une basket moche.

Cette photo.



Si vous voyez la chaussure rose avec des bandes blanches, c'est que votre cerveau droit est dominant. Le cerveau droit, c'est le cerveau créatif.

Si vous voyez la chaussure grise avec des bandes turquoises, c'est que c'est votre cerveau gauche qui domine. C'est le cerveau rationnel. Par exemple, quand vous faites un rêve tout pété, c'est votre cerveau droit qui s'emballe, et si vous trouvez un sens à ce même rêve, c'est votre cerveau gauche qui a tenté de remettre de l'ordre dans tout ça.

Bon ben moi je vois la chaussure grise, voilà. Oh, il y a bien une pointe de rose sur le bout, mais sinon c'est bien gris et turquoise. Comme 80% de la population, mon cerveau gauche est dominant, et je ne suis pas créatif. Je suis comme tout le monde. Voilà merci au revoir.

Au fond de moi, je le savais, quand je jouais à Minecraft et que mes villages de maisons cubiques s'appelaient tous "Mustache Town" ou "Mustache Ville"... Je me la jouais "non mais j'ai la flemme de faire mieux" alors qu'en fait, je n'avais tout simplement pas d'idée.

J'aimerai vous dire également que je suis une personne subtile qui sait garder la tête froide et qui arrive à rester critique face aux choses, personnes et licences qu'elle aime, un être capable de résister aux sirènes du marketing par la force de son caractère et de ses convictions, mais une fois de plus...

Voilà un exemple concret. 

Quand le film The Dead Don't Die a été annoncé, je n'osais pas y croire : Jim Jarmusch, avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Steve Buscemi, Iggy Pop, Danny Glover, (je pourrais mettre des "fucking" entre les prénoms et noms de chacun de ces acteurs, mais je me respecte un minimum) dans un film de zombies, j'étais chaud. La bande-annonce était folle, et avait une musique de Love. Bien sûr que je voulais le voir.

Et bien sûr que j'y suis allé.




Ouais ben je ne vais pas y aller par quatre chemins : c'est de la grosse merde.

Je suis sorti en colère de la séance. Ce film est insultant. Jarmusch n'aime pas les films de zombie, ni ceux qui les apprécient, et le fait bien ressentir dès qu'il le peut, tout en dénonçant, comme un lycéen qui découvre la philo, les travers de notre société. Oh regardez les zombies, ils utilisent des smartphone, oh! Comme dans leur ancienne vie, ils réclament du Xanax! Sa fé réfléchire! Au fond, nous sommes tous des zombies, han, c'est puissant allez là FERME TA GUEULE JIM JARMUSCH.

Les acteurs sont tous neurasthéniques (mais c'est volontaire, c'est pour montrer que dans les films de zombies, on ne sait pas pourquoi tout le monde fait l'hystérique alors que duh, c'est des zombies, wake up), et la plupart ont une apparition à l'écran qui ne dépasse pas les quelques minutes (gros mystère autour de la présence de Selena Gomez qui ne sert à rien, mais comme les trois quart du casting), le quatrième mur est brisé à plusieurs reprises de façon purement gratuite et paresseuse (grosso modo, c'est l'équivalent de "oh mon dieu c'était un rêve"), et enfin, pour le dire poliment, on se fait chier.

Bref.

Il y a un autre film qui m'a eu avec sa bande-annonce.

C'est Détective Pikachu.



La première fois que j'ai entendu parler du film, j'étais genre, "mais n'importe quoi, quelle idée de merde". Puis j'ai vu le premier teaser et j'ai ricané, comme tout le monde, puis il y a eu la vraie bande-annonce, et là j'étais intrigué, puis il y a eu la bande-annonce de Sonic The Hedgehog, et là j'étais conquis par Détective Pikachu.

Je ne regardais pas le dessin animé, j'étais trop vieux quand c'était diffusé à la télévision. Bon, je le regardais un peu, mais seulement parce que mon petit frère le regardait et que j'étais à côté. Bon, je le regardais parce que je mettais mon frère devant le dessin animé et moi je me tenais à côté. Par contre, j'ai joué (et je joue encore) aux jeux vidéo Pokémon, car je suis un TRU3 G4M3R. Non, plus sérieusement, j'adore ces jeux, je les trouve excellent, surtout les versions Rubis Omega et Saphir Alpha.

Je vais faire concis (on m'appelle Sire Concis) une fois de plus (on n'est pas là pour des critiques construites et nuancées aujourd'hui) : Détective Pikachu, c'est une histoire de merde, mais un film cool.

C'est pas très bien raconté, tout est téléphoné des heures avant que ça se produise, les acteurs ne sont pas très convaincants, le titrage du générique fout un peu les boules avec sa typo faussement asiatique façon "Les Chtis Asian Tour", MAIS ça prend son sujet au sérieux, ça respecte le fan (il n'y a pas trop de fan-service et de clins d'oeil lourdingues) tout en restant compréhensible pour le néophyte, c'est plutôt rigolo et bien fait, et enfin, tout simplement, c'est un film pour enfants sympa. C'est aussi la confirmation que Ryan Reynolds n'est jamais aussi bon que quand on ne voit pas sa gueule.

Tout ça pour dire qu'entre deux films, un indépendant au budget qu'on imagine modeste, porté par un casting de fou, et l'adaptation ciné d'une des licences populaires les plus énormes de ces vingt dernières années au budget qu'on imagine confortable, j'ai préféré le second, de très loin.

J'assume.

lundi 19 décembre 2016

Netflix, story telling et chocolat chaud

Netflix est mon grand méchant capitaliste préféré. 

Voilà, c'est dit. 

Comme je ne télécharge pas, avant son arrivée en France, j'étais réduite à deux solutions insatisfaisantes : regarder les programmes télé proposés par la TNT (et perdre le peu de neurones qu'il me reste après une journée de travail) ou acheter les coffrets DVD de mes séries préférées en prenant le risque d'avoir des épisodes manquants, dans le désordre, ou encore des saisons intégralement en VF (oui c'est vers toi que je regarde, France 4, tu m'as pourri Doctor Who, fils de chienne !). 

Bref, quand Netflix s'est installé en notre verte contrée, il avait pour moi des allures de Messie. Cela m'a permit de découvrir ma véritable passion, ce à quoi tout mon être aspirait depuis toujours : le binge watching en slip, en sirotant des tasses de lait Gloria au Nesquik. 

Comme M. Kolia Mustache est trop occupé à bosser à la FNAC pour passer du temps avec moi, c'est ce que j'ai fait tout ce dimanche ; ô jour glorieux. Et pour changer un peu j'ai regardé une petite poignée de documentaires. Et, les amis, ce fut la régalade. 

Alors dans l'ordre d’apparition : Room 237, qui porte sur le Shining de Kubrik, Amanda Knox qui parle de la fameuse affaire judiciaire, My beautiful broken brain qui retrace la rééducation d'une jeune femme très attachante après un AVC (cétait plus sympa que je le pensais) et pour finir, un genre de making-of de la série Star Trek next génération, dont le titre m'échappe et que j'ai trouvé divertissant sans plus (comme la série en fait).
Sur les quatre, seuls les deux premiers films m'ont vraiment marqué. Avant que je développe le pourquoi du comment, je tiens à prévenir tout mes lecteurs nazis du spoil que je vais divulgâcher un certain nombre d'éléments d'Amanda Knox, aussi je vous encourage vivement à le visionner avant de poursuivre. Allez-y, c'est vraiment passionnant. (de Shining aussi, mais je pars du principe que tout le monde connait la fin).

En parlant de Room 237, je tiens à préciser que j'ai préféré le roman de Stephen King au film de Kubrik (que j'apprécie quand même, hein, détendez vous un peu) pour une simple et bonne raison : le roman raconte l'histoire d'un père et d'un mari aimant qui sombre peu à peu dans la folie. Dans le film, Jack Torrance est interprété par Jack Nicholson. Autant dire qu'on comprend dès le départ que le mec est pété.

room 237 picture 1 home movie room 237 pictures
L'affiche est bien cool
 Mais revenons à Room 237. J'ai regardé ce film sans le moindre contexte : je ne connaissais pas le réalisateur (Rodney Ascher), ni les intervenants, je ne savais pas quand il avait été tourné. Comme il n'est composé que d'extraits de films (de Kubrick ou autres), j'ai même cru qu'il s'agissait d'une vieillerie avant qu'une des voix off parle de la sortie blue ray. 
Dans ces conditions, le film s'est imposé à moi comme une analyse du film assez poussée, présentant les points de vue de quelques intervenants inconnus au bataillon, qui vont des interprétations les plus pertinentes aux points de vue les plus grotesques (on parle quand même de numérologie et de théorie du complot là !).

Bien.

J'avoue qu'arrivée au générique de fin, la première pensée qui m'est venue était "Qu'est-ce que c'est que cette merde ?".

En dehors de quelques idées intéressantes (le fait que Danny tue volontairement son père, le fait que les fantômes de l'hôtel représentent un passé refoulé, le film projeté à la fois à l'endroit et à l'envers - ce qui donne de jolies superpositions d'images - ou encore l'architecture déroutante de l'hôtel), la plupart des théories exposées semblent être un salmigondis de sur-interprétations maladroites, ambiance devoir de fin d'année d'étudiant en licence d'histoire du cinéma. Les arguments du style "Ça parle de la Shoah à cause du nombre 42", "Ça parle de Kubrik qui a trafiqué les images du premier voyage sur la lune", ou la meilleure : "Mon fils de huit ans a écrit une histoire qui m'a fait pensé à Shining alors qu'il l'a même pas vu !" , bref tout ça m'a fait pensé que j'avais perdu 1h45 de ma vie.

Et puis j'ai vu Amanda Knox.

Amanda Knox - Documentaire (2016) - SensCritique
Putain, les copains, quel choc ce film !

Amanda Knox, c'est une jeune femme (qui a mon âge environ, mais ça tout le monde s'en tamponne le coquillard), qui, en 2007, a été accusée d'avoir orchestré avec son petit ami le meurtre de sa colocataire Meredith Kercher lors d'un séjour en Italie. Le postulat de base est posé par la principale intéressée elle-même : "Soit je suis coupable, soit je suis victime." Et si elle est victime, elle pourrait être nous.

Tout le génie du film repose dans sa construction. Elle reconstitue les faits de manière méthodique et chronologique, entrecoupant les images d'archives d'interview des acteurs principaux du drame : Amanda Knox, son petit ami, le policier chargé de l'enquête, un des journalistes qui a suivi l'affaire (quel trou du cul celui-là, on a envie de le gifler tout du long) et enfin la scientifique chargé de la contre-enquête.

En multipliant les points de vues de cette façon, les réalisateurs (Brian Mc Ginn et Rod Blackhurst), nous laissent nous forger notre propre opinion sur l'affaire sans le moindre jugement moral ; en énonçant simplement les faits tels qu'ils ont été présentés à l'époque. 

Et je me suis laissée avoir.

J'ai été victime du storytelling. Sans vous dévoiler toute l'histoire, j'ai d'abord été prise d'empathie pour Amanda, avant de changer d'avis et de me dire avec effroi "J'ai eu de la peine pour une cinglée !", et de retourner ma veste encore une fois "OK elle est louche, mais sûrement innocente, ah les connards de journalistes, ah les connards de flics !"  Eh oui. Moi qui me targue d'avoir un certain esprit critique face à l'actualité, j'ai réagi comme les spectateurs de l'époque : j'ai écouté bêtement ce qu'on me disait sans remettre en doute les informations données puisque, bon, c'est un documentaire. C'est sérieux les documentaires.

Et le film parle de ça. 

Amanda Knox' Ratings Are No Killer on Netflix, Firm Says
Tout le monde est douteux dans cette affaire

Il raconte aussi l'histoire d'une jeune femme considérée comme coupable à cause d'une attitude non conventionnelle (on se rend compte ici que le sexisme a encore de beaux restes), d'un fait divers tellement monté en épingle par les médias qu'il devient une affaire d'état (bonjour les tensions entre les USA et l'Italie).

Mais avant tout, le film nous parle de ça. Il nous dit de manière limpide : Vous êtes responsables de vos opinions, à vous de faire en sorte qu'elles soient fondées. 

Et c'est là que j'ai repensé à Room 237. J'ai réalisé que j'avais agis avec ce film comme les tabloïds avec Amanda Knox. Je l'ai regardé sans contexte, sans source d'information extérieure et je m'en suis faite une idée qui relève plus du jugement de valeur que de l'analyse objective. 

Shining - Wendy
Ma tête quand j'ai pris conscience de mon erreur

Il s'avère que le réalisateur du documentaire a mélangé à dessin toutes les théories les plus populaires à propos du film, pertinentes ou fumeuses. Il a interviewé des personnes d'horizons très différents (une romancière, un adepte de la théorie du complot, un journaliste, un historien...), sans les filmer ni les caractériser. Il ne sont que des voix off qui donnent leurs avis au fil des extraits. Il ne prend pas parti pour tel ou tel propos, il se contente de nous les offrir tels quels. 

En gros, ce que nous dit le réalisateur et la chose suivante : voici des points de vue existants, à vous de vous faire le votre. Room 237 est donc une incroyable mise en abîme où le spectateur se retrouve seul pour interpréter les interprétations d'autres spectateurs.

Assez méta, comme concept.

Du coup si vous êtes amenés à visionner Room 237, je ne peux que vous inviter à visiter le site officiel : http://www.room237movie.com/ qui vous en dira plus sur le réalisateur et les intervenants. Et c'est grâce à Amanda Knox que j'ai compris tout cela. Merci Netflix !

Je terminerai cette chronique par ma propre interprétation de l’œuvre de Kubrick, basée sur son début et sa fin. Shining commence un par un plan très large, magnifique, qui englobe toute la montagne et où l'on suit la toute petite voiture de Jack. Ici l'univers du personnage est encore très vaste, plein de possibilités. 

La dernière image, elle, est un plan rapproché sur une des toutes petites photos accrochées dans l’hôtel, on y voit Jack, en gros plan, entouré par les fantômes qui fêtent le 4 juillet 1921. A partir de ça, on comprend que le protagoniste est pris au piège dans l'Overlook hotel et qu'il est, lui aussi, devenu une trace du passé. Tout son univers est désormais aussi réduit et étriqué que la petite carte postale encadrée.

Et c'est, pour moi, l'un des messages importants du film qu'il faut prendre comme un avertissement : ne soyez pas comme Jack, gardez les idées larges, ne vous laissez par influencer au point de perdre toute faculté de raisonnement et ne répétez pas les erreurs de vos prédécesseurs ou vous serez, à votre tour, enfermé dans la boucle du passé. 

Il s'agit de mon opinion toute personnelle mais, par les temps qui courent, je me dit qu'il n'est pas idiot de la partager.

LAMPBLACK LABEL: OVERLOOK HOTEL - JULY 4th BALL - 1921
Très réussie, cette fête...



 

dimanche 1 mars 2015

une vidéo bien classe, pour changer

Je tentai de sauver mon eee pc moribond en installant Linux Lite (ou allais-je tenter Bodhi Linux? Je n'étais sûr de rien à ce moment là), tout en crachant sur Ubuntu, quand je tombai sur une étrange vidéo lors de la copie de mes documents sur un disque dur. (Le lecteur attentif notera que je tente de passer pour un pro de l'informatique parce que je parle de Linux, et surtout que j'essaie de rendre ça épique et trépidant - comme si ça intéressait quelqu'un. Mais ne partez pas, la vidéo est chouette.)


Elle était enregistrée sous le nom de Petitefleur01, cachée entre deux photos du chat de ma soeur. Je n'ai aucune idée d'où elle peut venir, et je n'arrive pas à me rappeler d'où je l'ai récupérée (mais j'ai ma petite idée malgré tout). Quant au titre du film, là encore, mystère.

Alors on est loin de la réplique la moins classe du monde du film Maitresses très particulières, mais ça a son petit charme aussi.