dimanche 26 avril 2020

Nier Automata, Become as Gods Edition (xbox)

Vous vous rappelez la dernière fois que j'ai mis un truc sur ce blog ? C'était en septembre. Il s'en est passé des choses depuis, hein ?

Ah là là.

Je profite de ce confinement non pas pour lire, je n'y arrive pas, mais pour jouer à des jeux vidéo. Plein de jeux. Pour finir ceux que j'ai commencés, en refaire d'anciens, et en découvrir de nouveaux.Je ne vais pas faire la liste de tous ceux que j'ai fait, mais j'ai surtout joué sur console, pour être dans le salon avec ma femme, qu'elle profite ainsi de la vue de mon corps vautré dans le canapé. Aujourd'hui, je vais vous parler de Nier Automata, mieux, de
 
Nier Automata, Become As Gods Edition.

Une édition unique, spécialement pour le Xbox Game Pass.

J'étais refait. Ca faisait super longtemps que je voulais le faire, mais je ne le trouvais pas d'occasion, ou à des prix raisonnables (car n'oubliez pas que je suis libraire et que ça paie mal). C'est un jeu qui a eu des critiques dithyrambiques, réalisé par un excentrique, Yoko Taro, épaulé par le studio Platinum Games, que j'aime beaucoup, et dont l'histoire aborde des thèmes classiques de la science-fiction (des robots qui se découvrent une humanité), mais qui me parlent. J'étais aussi curieux de découvrir sa narration : j'avais lu que le jeu comportait 26 fins, et que le refaire plusieurs fois débloquait de nouveaux points de vue sur l'histoire, ce qui offre une nouvelle vision globale qui te retourne le cerveau, bref, j'étais : CHAUD.

Petit avertissement cependant, ayant fait le jeu sur console de salon, il n'y aura pas de captures d'écran maison. Il y a moyen d'enregistrer ses propres images sur console, c'est juste que je ne pense jamais à le faire, c'est pas forcément évident ni très ergonomique, là où sur pc j'appuie juste sur la touche F12 et j'oublie aussitôt que je viens de le faire. les images seront donc piochées sur internet, n'hésitez pas à me contacter si elles sont protégées.

Second avertissement, je vais spoiler comme un goret, animal réputé pour divulgâcher plein d'oeuvres culturelles, sale bête.

La Critique en folie
Dans un futur très lointain, la Terre a été envahie par des extra-terrestres très méchants qui ont créé des robots tueurs de gens. Sentant que ça allait tourner cacao, l'humanité s'est planquée sur la Lune, d'où elle a lancé la construction d'androïdes destructeurs de robots. Ces androïdes ayant du mal avec les robots, ils ont crée de leur côté d'autres androïdes d'élite, les Yohra, pour aider à la reconquête de la planète. Nous interprétons 2B (vous l'avez ?), membre de l'unité Yohra, envoyée sur Terre pour faire la bagarre, accompagnée de 9S, un androïde spécialisé dans l'exploration.

Le jeu alterne les genres, ça commence comme un shoot avec plein de bouboules à l'écran qu'il faut éviter, puis ça continuer comme un beat them up en 3D, avec des passages en 2D ou en vue de dessus, bref, ça alterne les points de vue et les phases de jeu, et c'est agréable. C'est très plaisant à jouer (Platinum Games est derrière, et ça se sent, la maniabilité est excellente), et le mode normal offre, pour les gens un peu nuls comme moi, un challenge honnête, surtout au début, où notre personnage n'a que peu d'options de personnalisations de son style de combat (un conseil : le système d'esquive est très permissif, il ne faut pas hésitez à en abuser). On débloque au fur et à mesure des "puces" qui prennent un certain nombre de places dans un inventaire dédié et qui offrent de nouvelles facultés à 2B (plus de points de vie, plus de dégâts, etc.), ce qui permet de personnaliser la bagarre selon nos propres goûts. 

Je tiens d'ailleurs à signaler le meilleur point du jeu : la modularité de sa difficulté. C'est un modèle. Le mode facile permet d'avoir des tirs, attaques et esquives automatiques, mais permet également d'en enlever qu'une partie (genre on ne garde que les tirs automatiques) et de l'installer sur la simple pression d'une touche. C'est un modèle du genre à ce niveau-là, et je rêve de voir ça adapté à plein d'autres jeux. Je trouve que c'est un excellent moyen d'apprécier une oeuvre vidéoludique sans être frustré par sa difficulté qui empêche d'avancer, et de faire découvrir à quelqu'un qui joue peu un jeu qui nous aurait plu, juste pour le plaisir de savourer l'histoire, l'univers ou l'ambiance d'un titre, sans que l'on nous pointe du doigt "ouh le gros bébé qui joue en facile".

Après, dès qu'il y a beaucoup d'ennemis à l'écran, ça devient vite le bordel, la caméra fait n'importe quoi, et le plus simple est de tourner autour du groupe de méchants en leur tirant dessus (ça ne marche pas dans les couloirs, hélas). Ce qui est dommage pour un jeu de ce genre, et qui me permet d'aborder le premier point qui fâche : la technique. 

Le jeu est moche. Il aurait été moche sur la génération de consoles précédente. Alors... il y aura toujours quelqu'un pour vous assurer que c'est le prix à payer pour avoir une fluidité à 60 images par secondes - c'est l'argument qu'on trouve un peu partout. Seulement il est faux. Dès qu'il y a trop d'ennemis ou que c'est le bordel à l'écran, le nombre d'images par secondes chute et le jeu rame. Ce n'est pas gênant la plupart du temps, mais c'est juste dommage.  Parce qu'un jeu aussi moche et qui en plus techniquement n'arrive pas  suivre, ça fait un peu beaucoup. Car en plus de ça, la direction artistique est assez quelconque : on se balade dans des grands amas d'immeubles gris et vides et c'est tout. Il y a bien différents zones, comme la forêt avec les arbres gigantesques (pourquoi des arbres si démesurés ? "Je ne sais pas", nous répond 9S, l'autre protagoniste de l'histoire) ou les ruines au bord de l'eau, mais on y passe peu de temps.

C'est moche.

Mais ça en fait, ce n'est pas le plus grave. Il y a plein de jeux que j'adore qui sont à la rue techniquement, ça ne m'a jamais empêché de les apprécier. Non, là, le problème, pour moi, est ailleurs.

Je vais être parfaitement honnête avec vous : j'ai trouvé l'histoire nulle à chier. Au bout d'une heure de jeu (dès que les enjeux sont définis après le tutoriel en fait), on sait parfaitement ce qui va se passer. Donc tout ce que le jeu tente comme révélations incroyables tombe à plat car on le savait déjà. N'importe quelle personne qui a consommé ne serait-ce qu'une seule oeuvre de science-fiction, film, livre, travail de composition écrite de son petit frère pour le cour de français, peu importe, pourra deviner ce qui va se passer dans les grandes lignes. En soit, ce n'est pas très grave. Mais le jeu a une façon extrêmement pompeuse de se raconter, et use de symboles pas finauds (rien que le nom du personnage principal, 2B, sérieusement...) avec un aplomb et un sérieux assez surprenant par moments. Souvent, et là ce sont les moments que je préfère, ce qui se passe n'a aucun sens. 2B (j'ai mis le jeu en japonais, et tout le monde l'appelle Teubi, c'est super) passe son temps à dire que les androïdes n'ont pas le droit d'avoir de sentiments, que c'est interdit, tabou, caca. Quand on discute avec ses collègues, on s'aperçoit que tout le monde a des sentiments, et visiblement c'est pas grave. Mais surtout, 2B n'arrête pas, dès qu'elle combat un robot ennemi, de dire des trucs du genre : "Sale machine, tu n'as pas de coeur, pas de sentiments, tu ne mérites que la mort !" C'est insupportable, on se croirait devant le mème avec les deux Spiderman qui se pointent du doigt.

Surtout que dès qu'on voit les robots méchants que l'on combat, avec leurs petites bouilles toutes rondes, incapables de se déplacer correctement, que l'on assiste à des cinématiques où ils tentent de reproduire les schémas humains (mention spéciale à la scène du malaise de la partouze géante entre robots) et s'enfuient en criant de leur petite voix de robot de série Z "je-ne-veux-pas-mourir-bzzt", on se doute bien qu'au fond ils ne sont pas si méchants, et que le monstre... c'est peut-être... ce que je vois tous les jours dans le miroir... 

Mandieu qui suis-je pour attaquer à vue ses robots qui partouzent comme si la fin du monde était pour demain ? Qui est le monstre ? Qui est la machine ? Homme ou machine ? Omo machine ? Vous vous rappelez la pub avec les singes qui font la lessive ?


Pour faire bien passer le message de lycéen qui découvre la philo, certains robots ont des noms assez évidents, comme Pascal (mon préféré, elle est vraiment gentille), Jean-Paul, ou encore Engels et Hegel, et, bien évidemment, 2B (or not to be, quelle puissance évocatrice, je suis sur le cul).

Pourquoi ont-ils des masques sur les yeux ? Parce que c'est classe.

Il y a aussi de gros problèmes de cohérence au niveau de l'histoire (Teubi est un androïde sans sentiments mais qui saigne, pleure et a mal), de la configuration des lieux entre eux (un désert collé à une ville collée à une forêt luxuriante collée à la mer), du système de ressources ("oh super, j'ai trouvé du cuivre contre un arbre"), des points de détails en vérité, mais qui donnent souvent l'impression de jouer à un mmo paresseux, sentiment renforcé par les missions secondaires qui sont souvent du niveau de "va là-bas tuer ça", "ramène moi du cuivre" ou le classique "livre-moi cet objet en plusieurs aller-retours".

Cette image a été retouchée.

Je vais terminer sur les 26 fins du jeu. Je ne les ai pas toutes faites hein, j'en ai fait quatre, et j'en ai regardé d'autres sur internet, parce que ça va cinq minutes les conneries. Il faut savoir que ce que Nier Automata appelle "fin", la plupart des autres jeux appellent ça "chapitre". La deuxième partie est exactement la même que la première, sauf que l'on joue 9S à la place de Teubi, et quelques cinématiques sont ajoutées entre deux évènements (ça aurait pu être intégré sans problème à la première partie, mais non, faut justifier une certaine durée de jeu quand même). La troisième partie que l'on lance est la suite directe de la seconde (qui est la même que la première, vous suivez ?), et là on a droit à de la nouveauté, on interprète un autre androïde, A2, qui se joue exactement comme Teubi. A la fin de cette troisième partie, on a un choix à faire et ce choix donne lieu à deux fins différentes, avec une vague cinématique. Il y en a une moins nulle que l'autre. Les autres fins, les 22 autres donc, c'est juste un texte quand on fait une action à la place d'une autre à certains moments clefs. Je pense que c'est du pur troll de la part de Yoko Taro, il y en a des plutôt marrantes (du genre "9S est parti étudier les robots FIN".)

Alors pourquoi des notes aussi délirantes de la part de la presse spécialisée ? J'ai une théorie. 

Dès que Teubi court, ça soulève sa jupe et on voit son gros cul qui brille. Et on court souvent dans ce jeu. Sa jupe est fendue devant, donc on voit toujours un bout de son string. La bagarre finale est super, parce qu'elle se fait déchirer sa robe, on voit encore mieux sa culotte. C'est pour ça que la deuxième partie avec 9S est moins bien, c'est un garçon, et il porte un short, pas une jupe, du coup on voit moins son cul. Les séquences avec A2 sont bien aussi, parce qu'elle, elle est carrément en collant déchiré, ça ne laisse rien à l'imagination, on n'est plus obligé de la faire courir pour voir son cul parfait, et avec le mode facile avec les attaques automatiques, on peut ne jouer que d'une main, meilleur jeu du monde,

22/20.

Ah, quid de la version Become as Gods ? Rien de spécial, elle rajoute trois arènes de bagarre, dont une qui permet de débloquer une tenue "suggestive" pour Teubi, donc c'est clairement la meilleure version du jeu.

A poil !